A chaque fois qu'un texte critique traite de la télévision, je ne peux pas m'empêcher de penser au très célèbre discours de l'ancien président de la chaîne TF1, Monsieur le Ley....
Mais ce n'est pas vraiment le téléspectateurs consommateurs qui est critiqué dans cet article.
Le texte commence par une question, la télévision serait-elle une forme de gardienne.
La télévision nous reformate afin de faire de nous un marché d'esclave obéissant, c'est ce que je comprends directement dans ce premier paragraphe.
La télévision à commencer par la télévision américaine s'adapte au public qu'elle a.
Plus loin dans son texte il nous parle de certaines personnes qui sont les nouveau héros de notre société, c'est à dire ceux qui passent à la télévision.
Il reprend le concept de Warhol, comme quoi tout le monde peut avoir son quart d'heure de célébrité et même si Serge Daney a écrit cet article il y a huit ans, il a était je pense, au fur et à mesure des années toujours actuel et de plus en plus vérifier.
Ces personnes il en parle de cette façon "ces "héros" sortis de la nuit et qui, warholiennement y retourne ! "
La télévision voudrait peut être faire passer un message : la télévision pour le peuple, par le peuple.
La télévision serait une machine à formater des humains individualiste et égocentrique.
Serge Daney lui dit : "la "passion d'être soi même" remplacera t-elle, à terme, la "passion d'être un autre" ?
Je ne sais pas si par cette phrase il veut parler du fait que l'homme en voulant être à tout prix un héros, n'est plus intéresser par les "vrais" héros, comme les stars de cinema. Parce qu'il pense pouvoir être aussi célèbre qu'eux sans forcement avoir du talent.
Et ceci est une mise en danger du métier d'acteur.
"... Car qu'est ce qu'un acteur sinon l'homme d'une passion immémorial, cette passion d'être un autre qui pré(dis)pose certains d'entre nous à "prendre sur eux", pour la rejouer, l'expérience des autres ? "`
Notre télévision efface l'idée d'expérience humaine là encore je ne suis pas sûre, mais avant les reality shows et le formatage des individus il y avait des personnes dont le métier était de faire passer aux téléspectateurs des expériences.
Soit des journalistes qui allaient à la rencontre des "expérimentés" et sinon les acteurs faisaient passer cette expérience en jouant une autre personne.
Mais Serge Daney semble être en accord avec Virginia Woolf, "les expériences de la vie sont incommunicables".
Lui dit : "Toute expérience qui se réduit facilement au "show" de sa "réalité" n'est pas une expérience".
Une expérience ne peut se communiquer, il dit d'ailleurs que l'on ne peut jamais vraiment trouver les mots pour décrire une expérience de la vie. Alors pour lui lorsque ces "héros warholiens" parlent de leurs pseudos expériences ils sont tous simplement comme chez le psy qui au lieu de les aider, les glorifient.
Et plus on les glorifie plus j'ai l'impression que les "expériences" de leur vie sont de plus en plus insignifiantes.
Mais comment communiquer une expérience.
Par la seule citation du conte du vieil homme, Walter Benjamin l'énonce : c'est par la pratique que l'on apprend, et seulement la pratique.
Après la perte de l'aura Benjamin nous parle de la perte de l'expérience.
Mon expérience de l'apprentissage d'expériences dans ma famille c'est toujours faite par le regard. J'ai toujours regardé mes parents faire la cuisine sans jamais pouvoir m'approcher du plat. Plus tard, seule, je refaisais leurs gestes, essayant de me rappeler des odeurs, etc.
Avec ma grand mère c'était la couture, lorsque je voulais fabriquer un déguisement ou un habit, ces fois là j'apprenait à ne rien faire. Je ne devais toucher à rien, je ne parlais pas, elle marmonnait toute seule. Et je repartais avec mon vêtement finit. Pas tout le temps comme je l'espérer, mais de toute façon je n'avais rien à dire.
Mais le pire (et peut être en fin de compte le meilleur), c'était mon grand père.
Je passais des journées entières dans l'atelier (charpente) avec lui pendant que les ouvriers étaient sur les chantiers.
Je m'asseyais sur la grosse scie circulaire et je le regardais.
Je le regardais. Je le regardais mesurer tous les bois, les annoter, et les classer par taille.
Reprendre sa canne, aller à l'autre bout huiler une tronçonneuse, revenir.
Quand je ne le regardais pas faire, j'étais dans son atelier, il y avait des grands placards dans lesquels j'avais le droit de fouiller. Il y avait des marteaux, des clous de toutes les tailles, des murs d'outils. Mais au fond de l'armoire il y avait toutes les chutes des planches et poutres qu'il gardait. J'avais le droit dans prendre autant que je voulais et je les redécouper, je les clouais. Je m'amusais.
Et lorsque l'on rentrait voir ma grand mère, pour manger ou pour goûter, on s'asseyait et toujours timidement je lui demandais de me raconter des histoires de quand il était jeune. De toute la période où son père disait toujours "il faut que jeunesse passe" pour justifier toutes les bêtises qu'il faisait avec sa bande.
Une fois il m'a raconté la guerre. Il était résistant , mais bizarrement je me souviens que des bêtises qu'il a faite pendant cette période. J'ai l'impression d'avoir occulté la plus part de l'histoire ce qu'il fait qu'elle n'a plus aucun sens.
En définitive, à par tout ce que j'ai appris dans les différentes écoles, le reste je l'ai appris par le regard.